LES METIERS DE SERVICE
Il prend en charge vos animaux chez lui lorsque vous ne pouvez pas vous en occuper.
En 2004, Thierry Littner a créé sa pension, Anima-Club, la concrétisation d’un projet mûri et préparé, dont l’origine est l’amour des animaux et la volonté de travailler en tant qu’indépendant. L’objectif affiché de l’endroit : proposer des prestations haut de gamme à des clients exigeants. Ainsi, chaque chien dispose d’un box privatif chauffé et d’un accès permanent à un parc clôturé qu’il partage ou non avec un autre chien. Les chats bénéficient du même confort avec une pièce donnant sur l’extérieur, qui leur est propre. Le cadre est verdoyant, au cœur de la campagne normande, et les installations du dernier cri, avec une capacité d’accueil de 49 chiens et de 20 chats.
Le tableau est idyllique mais le parcours pour y arriver le fut beaucoup moins, comme en témoigne Thierry : « Quand j’ai commencé, aucune banque n’a voulu me prêter de l’argent. Il n’existe pas de références sur la viabilité des entreprises de type pension canine, alors elles se montrent un peu frileuses ». Du coup, il a dû tout financer lui-même : « J’ai tout construit de mes propres mains avec les matériaux que j’ai achetés. S’il faut, en plus, payer la main d’œuvre, on ne s’en sort pas ! » Le budget pour monter sa pension se chiffre, en effet, à plusieurs centaines de milliers d’euros si l’on compte la propriété, le terrain et la construction des structures d’hébergement aux normes. La plupart des entrepreneurs disposent néanmoins à la base d’une maison avec beaucoup de terrain à la campagne, à plusieurs centaines de mètres de tout voisinage (voir réglementation).
La pension est ouverte toute l’année avec une forte affluence pendant les vacances scolaires. Thierry fait alors appel à des saisonniers pour lui prêter main forte dans la prise en charge des pensionnaires : nettoyage des boxes, nourrissage, jeux, surveillance de l’état de santé des animaux… Car parallèlement, il doit gérer les réservations, l’accueil des maîtres, les stocks de nourriture et la comptabilité. Un métier qui n’est pas de tout repos et qui requiert, selon ce professionnel, des moyens financiers importants pour commencer, des habilités manuelles pour tout construire et de bonnes qualités de gestionnaire pour durer.
Des séjours courts
A la pension du Fresnay, en Haute-Normandie, Patrick Dubeaurepaire accueille depuis trente-cinq ans chiens, chats, lapins, rongeurs et oiseaux. A ses débuts, l’activité fut prospère mais elle souffre aujourd’hui du phénomène des RTT. « Avant, les gens partaient quatre semaines de rang et nous confiaient plus facilement leurs animaux. Désormais, ils fractionnent leurs congés et s’absentent moins longtemps. Du coup, il leur est plus facile de trouver quelqu’un dans leur entourage qui accepte de garder leur animal », remarque Patrick.
Avec une capacité d’accueil de 200 places, l’activité bat son plein pendant les vacances scolaires. Entre ces périodes, Patrick continue d’exercer son autre métier : bouquiniste, un complément de revenu qui lui permet d’appréhender plus sereinement la gestion de la pension.
Etudes : variable
Salaires : comptez un délai de deux ou trois ans avant que votre pension ne soit rentable. Ensuite, tout dépend de la réussite de l’entreprise
Débouchés : ils existent, à condition de proposer un service de qualité à des prix compétitifs.
Formation
Un BEPA suivi d’un bac pro « conduite et gestion de l’élevage canin et félin » se révèlent utiles pour prendre soin des pensionnaires, tout comme le CETAC, Certificat d’études techniques de l’animal de compagnie, délivré par la Société centrale canine à l’issu d’un stage.
(voir « annuaire »)
L’obtention d’un de ces diplômes facilite grandement l’obtention du certificat de capacité délivré par la Direction des services vétérinaires et indispensable pour ouvrir une pension.
Accueillir des animaux : les règles à respecter
La construction et l’aménagement d’un espace dédié à l’hébergement d’animaux en nombre sont soumis à une réglementation stricte.
- Obtention du certificat de capacité
Délivré par la Direction des services vétérinaires, il est indispensable pour gérer un établissement de type pension ou refuge. Pour obtenir ce certificat, il faut justifier d’une compétence professionnelle obtenue suite à :
- 3 années de pratique professionnelle dans l’entretien des animaux
- l’obtention d’un diplôme reconnu dans cette spécialité
- la réussite du test d’évaluation proposé par la DSV
- Des locaux aux normes…
Suivant les départements et le nombre d’animaux envisagés, les normes sanitaires et environnementales ne sont pas les mêmes. Il faut consulter la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) pour connaître les exigences du registre départemental. Dans tous les cas, le projet de construction doit prévoir un système d’assainissement adéquat afin d’assurer un bon état de propreté et d’entretien des locaux.
- … et loin de tout voisinage
En raison du bruit généré par les aboiements de chiens, les chenils doivent être implantés à bonne distance des autres habitations. La réglementation varie de 50 à 200 mètres selon les endroits.
- Obtention du permis de construire
La mairie doit donner son accord pour la construction d’un tel établissement. Le plan d’occupation des sols et le périmètre de protection des eaux peuvent être ainsi à l’origine d’un refus.
- Autorisation préfectorale
Les pensions ou les refuges hébergeant de 10 à 50 chiens sont soumis à déclaration auprès de la préfecture. A partir de 51 chiens, l’établissement est considéré comme « classé » et le dossier d’autorisation est plus complet.
- Le suivi sanitaire
Une fois construit et installé, le chenil fera l’objet d’un suivi sanitaire régulier des animaux par un vétérinaire. Ses visites seront consignées dans un registre de santé afin de garantir le bien-être des animaux.
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